Culture populaire · Cinéma
Diabolo menthe, le film
Sorti le 14 décembre 1977, premier long métrage de Diane Kurys, Diabolo menthe raconte une année scolaire, 1963-1964, dans un lycée de jeunes filles parisien. Le film a réuni environ trois millions de spectateurs et remporté le prix Louis-Delluc. Son titre a durablement associé une boisson de café à l'adolescence française.
Fiche technique
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Réalisation | Diane Kurys, premier long métrage |
| Scénario | Diane Kurys et Alain Le Henry |
| Image | Philippe Rousselot |
| Musique | Yves Simon |
| Sortie en France | 14 décembre 1977 |
| Durée | 100 minutes |
| Rôles principaux | Éléonore Klarwein (Anne Weber), Odile Michel (Frédérique Weber), Anouk Ferjac (la mère) |
| Époque représentée | Année scolaire 1963-1964 |
| Lieu de tournage principal | Lycée Jules-Ferry, Paris |
| Distinction | Prix Louis-Delluc 1977 |
| Fréquentation | Environ 3 millions d'entrées en France |
Ce que raconte le film
Deux sœurs, Anne, treize ans, et Frédérique, quinze ans, rentrent de vacances et reprennent le chemin d'un lycée de filles. Leurs parents sont séparés ; elles vivent avec leur mère et voient leur père par intermittence. Le film n'a pas d'intrigue centrale : il avance par saynètes, un cours de dessin, une retenue, une surveillante générale, un premier rendez-vous, une dispute de couloir. La cadette observe, l'aînée bascule vers la politique et les premières amours.
Cette absence d'intrigue est le parti pris du film. Il documente plus qu'il ne raconte : la discipline scolaire d'avant la mixité, la place des filles dans l'institution, la distance entre les adolescentes et les adultes au début des années 1960. Le carton final, dédiant le film à la sœur de la réalisatrice qui ne lui a toujours pas rendu son pull orange, dit assez le registre choisi.
Un film autobiographique tourné sur place
Diane Kurys, née en 1948, a treize ans au moment où se situe l'action. Elle a été élève au lycée Jules-Ferry, où le tournage a eu lieu à l'été 1977, pendant les vacances scolaires. Le décor n'est donc pas une reconstitution : c'est le lieu même, filmé quatorze ans après. Ce choix explique une part de l'effet documentaire du film, et sa réception comme témoignage générationnel plus que comme fiction.
D'où vient le titre
Le diabolo menthe est un mélange de sirop de menthe et de limonade, servi au café et détaillé dans la fiche consacrée à la boisson. C'est la commande d'un âge : trop grand pour un jus de fruit, trop jeune pour un demi. Le titre fonctionne comme signe d'époque et signe d'âge, plus que comme motif narratif.
Il faut être honnête sur ce point : la réalisatrice n'a pas laissé d'explication canonique et publiée du choix du titre. L'interprétation ci-dessus est une lecture cohérente avec le film, pas une source. Ce que l'on peut affirmer, en revanche, c'est le sens de la circulation : la boisson existe et se vend en France bien avant 1977, et c'est le film qui a chargé son nom d'une valeur nostalgique, pas l'inverse. L'histoire du sirop lui-même est traitée dans le sirop de menthe et les sirops industriels.
La chanson d'Yves Simon
La musique est signée Yves Simon, auteur-compositeur alors très identifié à la chronique générationnelle. La chanson-titre a connu une carrière autonome, largement supérieure à celle d'une musique de film ordinaire, et elle a contribué à installer l'expression dans le langage courant. Le chanteur a raconté l'avoir écrite très vite, à partir d'une lettre d'adolescente. Comme souvent pour les récits d'origine rapportés après coup, ce détail vient de l'auteur lui-même et n'est pas vérifiable autrement.
Réception et postérité
Le prix Louis-Delluc, décerné en 1977, est la principale distinction du film. Le succès public a été construit progressivement, à partir d'un nombre limité de salles, par le bouche-à-oreille. Diane Kurys a prolongé la veine avec Cocktail Molotov en 1980, qui suit la même génération jusqu'aux événements de 1968 sans reprendre les personnages : un pendant, plutôt qu'une suite.
L'effet le plus durable est lexical. En France, « diabolo menthe » ne désigne plus seulement une boisson : l'expression évoque immédiatement l'adolescence, le lycée et les années 1960, association que le film a créée et que quarante ans de rediffusions ont consolidée. Les glissements de sens de ce genre sont examinés dans les expressions autour de la menthe, et le statut de couleur emblématique dans le vert menthe.
Questions fréquentes
Le film montre-t-il des personnages qui boivent un diabolo menthe ?
La boisson appartient à l'univers de café que le film met en scène, mais elle ne joue aucun rôle dans l'histoire. Le titre est un signe, pas un objet du récit. Chercher une scène qui l'expliquerait revient à chercher ce qui n'y est pas.
Cocktail Molotov est-il la suite de Diabolo menthe ?
Non. Sorti en 1980, il traite de la même génération et poursuit la même veine autobiographique, mais avec d'autres personnages. Les deux films forment un diptyque thématique, pas une série.
Le lycée du film existe-t-il vraiment ?
Oui, il s'agit du lycée Jules-Ferry à Paris, où Diane Kurys a été élève et où le film a été tourné pendant les vacances d'été 1977. C'était alors un établissement de jeunes filles, ce qui explique l'absence de garçons dans les scènes de classe.
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