Aller au contenu
menthe.org

Produits · Compléments alimentaires

Les compléments alimentaires

Une gélule de menthe contient rarement de la menthe seule : une matière première végétale, un ou deux excipients de charge et une enveloppe. Le droit européen encadre l'étiquetage et la déclaration du produit, mais laisse les allégations sur les plantes dans un statut provisoire, ce qui explique les formules floues du type « confort digestif ».

Les formes vendues et ce qu'elles apportent réellement

Quatre matières premières circulent sous le même mot « menthe ». La poudre totale de feuille est la feuille séchée broyée : elle apporte tout le végétal, y compris ses fibres, et sa teneur en huile essentielle plafonne à 1 à 3 % de la masse sèche. Une gélule de 400 mg de poudre délivre donc de l'ordre de 4 à 12 mg d'huile essentielle, cent fois moins qu'une capsule dédiée.

L'extrait sec est obtenu par extraction hydroalcoolique puis séchage sur un support, le plus souvent de la maltodextrine ou de la gomme d'acacia. Son étiquette porte un ratio, de 4:1 à 10:1, qui indique combien de kilos de plante ont donné un kilo d'extrait. L'extrait fluide et la teinture restent liquides, avec 45 à 60 % d'alcool. La capsule d'huile essentielle, enfin, joue dans une autre catégorie de dose et fait l'objet d'une fiche séparée sur les gélules gastro-résistantes.

Formes galéniques courantes et équivalent en plante sèche
FormeMatière premièreDose usuelle par priseÉquivalent en plante
Poudre totale de feuilleFeuille séchée broyée250 à 500 mg250 à 500 mg de feuille
Extrait sec 4:1Feuille, extraction hydroalcoolique100 à 250 mg400 à 1 000 mg de feuille
Extrait sec 10:1Feuille, extraction concentrée100 à 200 mg1 à 2 g de feuille
Teinture ou extrait fluidePlante dans un alcool à 45 à 60 %20 à 50 gouttes par jour1 à 5 g de plante
Capsule d'huile essentielleHuile essentielle de Mentha × piperita180 à 200 mg40 à 70 g de partie aérienne fraîche

Les excipients, qui pèsent souvent plus que la plante

Une gélule de taille 0 contient environ 400 à 500 mg de poudre. Si l'extrait ne pèse que 150 mg, le reste est un mélange technique : cellulose microcristalline (E460i) comme charge, stéarate de magnésium (E470b) comme lubrifiant de compression à 0,5 à 2 %, dioxyde de silicium (E551) comme antiagglomérant. L'enveloppe est en gélatine bovine ou porcine, ou en hypromellose (HPMC) pour les versions dites végétales. Ces mentions figurent en fin de liste d'ingrédients : leur présence est normale, leur nombre renseigne sur le degré de transformation.

Ce que l'étiquette doit obligatoirement porter

Le décret français n° 2006-352, qui transpose la directive 2002/46/CE, impose sept mentions. Leur absence est un signal suffisant pour écarter un produit.

  1. La dénomination « complément alimentaire », en toutes lettres.
  2. Le nom des plantes et la partie utilisée, ici la feuille, avec le nom latin de l'espèce.
  3. La quantité de substance à effet nutritionnel ou physiologique, par portion journalière.
  4. La portion journalière recommandée par le fabricant.
  5. L'avertissement de ne pas dépasser cette portion.
  6. La mention que le produit ne se substitue pas à un régime alimentaire varié.
  7. La mention de tenir le produit hors de portée des jeunes enfants.

S'y ajoute une obligation invisible pour l'acheteur : la déclaration du produit à la DGCCRF avant mise sur le marché. Cette déclaration n'est pas une autorisation et ne vaut aucune validation d'efficacité.

Ce que la réglementation autorise comme allégation

Le règlement (CE) n° 1924/2006 interdit toute allégation non inscrite sur une liste positive. Pour les vitamines et minéraux, cette liste existe : c'est le règlement 432/2012. Pour les plantes, l'évaluation a été suspendue en 2010 et près de deux mille allégations botaniques restent « en attente », dont celles portant sur la menthe. Les fabricants les utilisent donc dans un régime transitoire, sans validation scientifique. Une phrase comme « contribue au confort digestif » relève de ce statut suspendu, pas d'une preuve.

Toute formulation évoquant la prévention, le traitement ou la guérison d'une maladie est en revanche interdite : elle ferait basculer le produit dans la catégorie du médicament. Sur le fond digestif, les données disponibles concernent surtout l'huile essentielle en capsules et sont détaillées dans la fiche digestion.

Six critères pour évaluer un complément

L'espèce doit être nommée en latin, la partie utilisée précisée, la quantité donnée par prise et par jour, le ratio d'extraction indiqué quand il s'agit d'un extrait. Un numéro de lot et une date de durabilité minimale doivent figurer sur l'emballage. Enfin, l'absence d'allégation thérapeutique est un bon indicateur de sérieux réglementaire. La mention bio répond à une autre question, celle du mode de production : voir ce que garantissent les labels. Les ordres de grandeur de prix sont réunis dans la fiche prix.

Questions fréquentes

Une gélule remplace-t-elle une infusion ?

Non, les doses ne sont pas comparables. Une tasse d'infusion utilise 1,5 à 2 g de feuille sèche, soit l'équivalent de quatre à huit gélules de poudre totale. La gélule d'extrait concentré s'en rapproche, mais n'apporte pas l'eau chaude, dont l'effet sur le confort digestif est difficile à séparer de celui de la plante.

Que signifie « extrait 10:1 » ?

Que dix kilos de plante sèche ont produit un kilo d'extrait. Le chiffre ne dit rien du solvant employé ni des molécules effectivement concentrées : une extraction à l'eau et une extraction à l'alcool à 60 % ne retiennent pas les mêmes composés. Un ratio élevé sans mention du solvant reste une information incomplète.

Faut-il un avis médical avant d'en prendre ?

Pour la feuille en poudre chez un adulte en bonne santé, l'usage est bien toléré. Un avis de pharmacien ou de médecin devient utile en cas de traitement en cours, de reflux, de calculs biliaires, de grossesse, ou pour toute forme concentrée en huile essentielle.

Les extraits concentrés et les capsules d'huile essentielle sont déconseillés chez l'enfant de moins de douze ans, pendant la grossesse et l'allaitement, et en cas d'obstruction des voies biliaires ou de reflux gastro-œsophagien. Les interactions avec les médicaments métabolisés par le foie sont possibles : demandez l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien avant d'associer un complément à un traitement. Voir les contre-indications.


À lire ensuite : les gélules de menthe poivrée · la voie orale en aromathérapie · labels et certifications · tous les produits à la menthe