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Huiles essentielles · Lecture d'étiquette

Choisir une huile essentielle

Une huile essentielle de menthe poivrée honnête se reconnaît avant l'achat, sur son étiquette : nom latin complet, organe distillé, mode d'extraction, origine, numéro de lot et date limite. Ce qui manque compte autant que ce qui figure. Un flacon qui ne dit pas quelle espèce il contient ne permet aucun calcul de dilution sérieux.

Les six mentions qui doivent figurer

Mentions attendues sur un flacon d'huile essentielle de menthe poivrée
MentionCe qu'on doit lireCe que cela vous apprend
Nom botaniqueMentha x piperita L.L'espèce exacte, donc le profil chimique attendu
Organe distilléSommités fleuries, parties aériennesLa partie de la plante réellement traitée
Mode d'obtentionDistillation par entraînement à la vapeur d'eauExclut un extrait au solvant ou une reconstitution
OrigineFrance, Inde, États-Unis, BulgarieUn ordre de grandeur du profil et du prix
Lot et date limiteNuméro de lot, date d'utilisation optimaleLa traçabilité et l'âge probable du contenu
Mentions de dangerPictogrammes, allergènes, phrases de risqueUn produit déclaré comme ce qu'il est

Nom latin et chémotype

Le nom Mentha x piperita désigne l'hybride décrit sur la fiche menthe poivrée. Une étiquette portant seulement « menthe » ou « peppermint » n'engage à rien : sous ce mot circulent aussi Mentha arvensis, beaucoup plus riche en menthol, et Mentha spicata, qui n'en contient presque pas et dont le profil n'a rien à voir. Voir l'huile essentielle de menthe des champs.

Le mot chémotype, souvent abrégé en CT ou vendu sous les sigles HEBBD et HECT, n'a aucune valeur réglementaire : ce sont des dénominations commerciales. Pour la menthe poivrée, la notion est de toute façon peu opérante, l'hybride étant multiplié par clones et son profil restant stable. Ce qui informe vraiment, c'est le bulletin d'analyse.

Ce que dit un bulletin d'analyse

Un vendeur sérieux publie, par lot, une chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse. On y lit les proportions des constituants et trois constantes physiques. Pour une huile de menthe poivrée, la densité à 20 °C se situe couramment entre 0,900 et 0,916, l'indice de réfraction entre 1,459 et 1,465, et le pouvoir rotatoire est négatif, de l'ordre de -18 à -32 degrés. Une valeur hors de ces plages signale une coupe ou une autre espèce. Les fourchettes de constituants sont détaillées sur la composition chimique.

Deux marqueurs méritent une attention particulière : un acétate de menthyle très bas associé à un menthol très haut oriente vers de l'arvensis vendue pour de la poivrée, et un menthol proche de cent pour cent trahit un mélange enrichi de menthol cristallisé, décrit sur la page des cristaux.

Labels et certifications : ce qu'ils garantissent

La certification biologique, reconnaissable à l'eurofeuille et au code de l'organisme certificateur, porte sur le mode de culture et l'absence de pesticides de synthèse ; elle ne dit rien de la qualité aromatique ni de la conduite de la distillation. Les normes internationales de produit fixent, elles, des fourchettes de composition et des constantes physiques : c'est le seul référentiel technique opposable. Les labels privés à trois lettres relèvent de l'autodéclaration. Voir les labels.

Origine, saison, distillation

Une huile française de sommités récoltées juste avant floraison, distillée en une à deux heures, sort en général plus riche en menthol et plus fine que la même espèce coupée tardivement. Une origine indienne ou chinoise n'est pas synonyme de mauvaise qualité : ce sont les premiers bassins mondiaux, avec des filières très professionnelles. Ce qui change, ce sont le prix de revient et la traçabilité. Le procédé est décrit sur distiller la menthe, et les repères économiques sur prix et rendement.

Sécurité : ce que l'étiquette doit rappeler

Une étiquette conforme ne promet aucun effet, et pour cause : les usages reconnus de la menthe poivrée relèvent d'une monographie de plante médicinale portant sur des préparations précises, pas sur un flacon d'huile essentielle vendu seul. Un flacon conforme mentionne donc de ne pas appliquer pur, de tenir hors de portée des enfants et d'éviter le contact avec les yeux. Les repères d'emploi restent les mêmes quelle que soit la marque : voie cutanée diluée à 1 à 3 %, soit 3 à 9 gouttes pour 10 ml de support, inhalation sèche de 1 à 2 gouttes, diffusion de 5 à 10 minutes par heure. Sont exclus sans exception l'œil, le conduit auditif, les muqueuses, le visage d'un enfant, et l'usage pur sur la peau. La voie orale relève d'une prescription et de formes gastro-résistantes.

Publics exclus : nourrisson et enfant de moins de 30 mois, chez qui le menthol expose à un spasme laryngé documenté, femme enceinte ou allaitante, personne épileptique, personne asthmatique. En cas de projection oculaire, essuyer à l'huile végétale et non à l'eau, puis appeler le centre antipoison. En cas d'ingestion, ne pas faire vomir, faire avaler une à deux cuillerées d'huile végétale et appeler le centre antipoison. En cas de réaction cutanée, essuyer à l'huile végétale puis laver au savon. Détail sur les précautions d'emploi.

Questions fréquentes

Un prix très bas est-il forcément suspect ?

Pas toujours, mais il pose une question. La menthe poivrée est parmi les huiles les moins chères à produire, ce qui autorise des prix modestes. En dessous d'un ou deux euros les 10 ml, la marge de manœuvre devient très faible entre plante, distillation, flaconnage et distribution.

Faut-il préférer un flacon en verre ambré ?

Oui. Le verre teinté filtre les ultraviolets qui accélèrent l'oxydation des monoterpènes. Un flacon transparent ou en plastique est un mauvais signe, le plastique étant en outre attaqué par certaines huiles.

La mention « 100 % pure et naturelle » suffit-elle ?

Non, elle n'est pas définie réglementairement et n'exclut ni le mélange d'espèces ni l'ajout de menthol isolé. Seuls le nom latin et un bulletin d'analyse par lot permettent de vérifier quelque chose.

Aucune huile essentielle, même irréprochable à l'analyse, n'est adaptée à tous. Elle est exclue chez le nourrisson et l'enfant de moins de 30 mois, pendant la grossesse et l'allaitement, en cas d'épilepsie et en cas d'asthme. En cas de traitement en cours ou de maladie chronique, demandez l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien avant l'achat.


À lire ensuite : le dossier huiles essentielles · conserver son flacon · l'huile essentielle de menthe verte · reconnaître une menthe de qualité