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Huiles essentielles · Mentha spicata

L'HE de menthe verte

L'huile essentielle de menthe verte ne rafraîchit pas : elle ne contient presque pas de menthol. Sa molécule dominante est la carvone, une cétone qui donne l'odeur du chewing-gum et de la gelée à la menthe anglaise. Ce profil change tout, y compris les précautions, qui portent ici sur les cétones et non sur le menthol.

Un profil dominé par la carvone

Constituants majeurs de l'huile essentielle de Mentha spicata
ConstituantFamilleProportion couranteApport
CarvoneCétone50 à 75 %Odeur caractéristique, fonde les précautions
LimonèneMonoterpène5 à 25 %Note citronnée, s'oxyde avec le temps
1,8-cinéoleOxyde1 à 5 %Note eucalyptée, prudence respiratoire
Bêta-myrcèneMonoterpène1 à 3 %Note herbacée de fond
MentholMonoterpénolMoins de 1 %Aucun effet de froid perceptible

L'absence de menthol explique l'absence de sensation de froid : le récepteur TRPM8, dont l'activation par le menthol est établie par des données in vitro, n'est pas sollicité par la carvone. Une huile de menthe verte sent fort mais ne rafraîchit pas la peau. La plante elle-même est décrite sur la fiche menthe verte.

Ce qui la sépare de la menthe poivrée

Menthe verte et menthe poivrée en huile essentielle
CritèreMenthe verteMenthe poivrée
Molécule dominanteCarvone, 50 à 75 %Menthol, 30 à 55 %
Effet de froidNulMarqué
OdeurSucrée, anisée, chewing-gumFroide, camphrée, piquante
Usage dominantAromatisation alimentaire et dentaireUsages cutanés et digestifs
Précaution centraleCétones, donc système nerveuxMenthol, donc spasme laryngé du tout-petit

Les deux espèces sont comparées côté plante sur poivrée ou verte, et côté huile sur la composition chimique.

Ce qui est documenté, et ce qui ne l'est pas

La carvone est utilisée comme arôme dans les chewing-gums, dentifrices et bains de bouche, usage encadré par les listes de substances aromatisantes autorisées. Sur le plan thérapeutique, l'huile essentielle de menthe verte ne dispose ni de monographie de plante médicinale comparable à celle de la menthe poivrée, ni d'essai clinique contrôlé de référence. Son emploi digestif relève d'un usage traditionnel documenté, en particulier dans le bassin méditerranéen, où l'infusion est bien plus courante que l'huile essentielle. Des données in vitro décrivent une activité antibactérienne et antifongique de l'huile, à des concentrations sans rapport avec un usage domestique. Voir les bains de bouche.

Dilutions, voies autorisées, voies exclues

Parce qu'elle est riche en cétones, la menthe verte s'emploie plus diluée que la poivrée : 1 % en usage cutané, soit 3 gouttes pour 10 ml d'huile végétale, 2 % au maximum sur une zone réduite et pour quelques jours, sachant qu'un compte-gouttes délivre 25 à 30 gouttes par millilitre. En diffusion, 5 minutes par heure suffisent, dans une pièce ventilée, et jamais en continu. En inhalation sèche, 1 goutte sur un mouchoir.

Voies autorisées : cutanée diluée sur peau saine, diffusion atmosphérique brève, inhalation sèche. Voies exclues sans exception : l'œil et son pourtour, le conduit auditif, toute muqueuse nasale, buccale ou génitale, le visage d'un enfant, et l'application pure. La voie orale relève d'une prescription et d'un cadre médical, comme le rappelle la page voie orale. Les correspondances complètes figurent sur le tableau de dilution.

Publics contre-indiqués

Les cétones justifient une prudence plus grande encore que pour la menthe poivrée. Sont exclus : le nourrisson et l'enfant de moins de 30 mois, chez qui les huiles de menthe exposent à un spasme laryngé documenté, l'enfant de moins de six ans par précaution liée aux cétones, la femme enceinte et la femme allaitante, la personne épileptique ou ayant présenté des convulsions, la personne asthmatique. Les situations sont détaillées sur les contre-indications et, pour la grossesse, sur menthe et grossesse.

Conduite à tenir en cas d'incident

  1. Projection oculaire : ne pas rincer à l'eau, qui n'est pas solvante et étale l'huile. Essuyer à l'aide d'une compresse imbibée d'huile végétale, renouveler deux à trois fois, appeler le centre antipoison, consulter un ophtalmologiste si la douleur persiste.
  2. Ingestion accidentelle : ne pas faire vomir, ne pas donner d'eau, faire avaler une à deux cuillerées d'huile végétale, appeler immédiatement le centre antipoison avec le flacon. Appeler les urgences si somnolence, agitation ou convulsion apparaissent, surtout chez un enfant.
  3. Réaction cutanée : essuyer largement à l'huile végétale avant de laver au savon, arrêter l'application, consulter en cas d'œdème ou de gêne respiratoire.

Questions fréquentes

Peut-on l'utiliser pour aromatiser un plat ?

Une huile essentielle n'est pas un condiment. Pour parfumer, les feuilles fraîches ou un hydrolat alimentaire sont adaptés et sans risque de surdosage ; voir quelle menthe choisir.

Est-elle plus douce que la menthe poivrée ?

Plus douce au nez, pas plus sûre à l'usage. Sa forte teneur en cétones impose des dilutions plus faibles et des exclusions plus larges chez l'enfant.

Sert-elle contre les maux de tête ?

Non. Le protocole étudié par essai clinique contrôlé porte sur une solution d'huile essentielle de menthe poivrée, dont l'effet repose sur le menthol. La menthe verte n'en contient pas.

Huile riche en cétones, à réserver à l'adulte et à des dilutions faibles. Elle est exclue chez le nourrisson et l'enfant de moins de 30 mois, déconseillée avant six ans, exclue pendant la grossesse et l'allaitement, en cas d'épilepsie et en cas d'asthme. Avant tout usage suivi, prenez l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien.


À lire ensuite : le dossier huiles essentielles · l'huile de menthe des champs · choisir son huile · la menthe verte