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Produits · Roll-on et patchs

Roll-on et patchs mentholés

Le roll-on met 5 à 10 ml d'une solution mentholée dans un flacon à bille, ce qui fixe la dose autant que le geste. Le patch fait l'inverse : peu de menthol, mais étalé sur une grande surface et libéré pendant plusieurs heures. Les deux formats se distinguent surtout par leur durée d'action et par leur statut réglementaire.

Ce qu'il y a dans un roll-on

Trois bases circulent. La base huileuse associe une huile végétale, souvent tournesol, jojoba ou coco fractionnée, et 5 à 10 % d'huile essentielle de Mentha × piperita. La base alcoolique dissout du menthol cristallisé ou de l'huile essentielle dans un alcool à 90 %, ce qui ajoute un effet de fraîcheur par évaporation mais assèche la peau. La base gel utilise de l'eau, un épaississant comme la gomme xanthane et un solubilisant.

La bille est en acier inoxydable ou en polyéthylène. Elle dépose un film mince et régulier, de l'ordre de 20 à 50 mg de produit par passage, soit 1 à 5 mg d'huile essentielle. C'est cette faible masse déposée qui rend le format plus prudent qu'un flacon compte-gouttes.

Ce qu'il y a dans un patch

Un patch mentholé est un hydrogel contenant 40 à 60 % d'eau, 3 à 6 % de menthol, un polymère adhésif de type polyacrylate et un support non tissé. L'eau s'évapore lentement, ce qui produit un refroidissement réel de un à trois degrés, cette fois mesurable, auquel s'ajoute le signal nerveux du menthol. La durée annoncée est de quatre à huit heures.

Comparatif des formats mentholés à application locale
FormatConcentration usuelleSurface traitéeDurée de l'effet froidStatut courant
Roll-on huileux de 10 ml5 à 10 % d'huile essentielle10 à 30 cm²20 à 40 minCosmétique
Roll-on alcoolique10 % de menthol ou d'huile essentielle10 à 30 cm²15 à 30 minCosmétique ou médicament
Stick baume solide3 à 8 % de menthol20 à 50 cm²30 à 60 minCosmétique
Patch hydrogel3 à 6 % de menthol100 à 250 cm²4 à 8 hDispositif médical de classe I

Le patch relève du dispositif médical parce que son effet principal est présenté comme physique, par refroidissement. Il porte alors un marquage CE, une notice et un fabricant identifié. Un roll-on revendiquant un effet antalgique bascule au contraire dans le médicament ; la plupart s'en tiennent à la « sensation de fraîcheur », ce qui les maintient sous le règlement cosmétique (CE) n° 1223/2009. Le même partage est détaillé dans la fiche baumes.

Où appliquer, et où s'arrêter

Sur les tempes, l'application se fait à deux centimètres au moins de l'arcade sourcilière, jamais vers l'œil : les vapeurs suffisent à irriter la cornée. La nuque, la base du crâne et les trapèzes acceptent une surface plus large. Les mains se rincent après usage, sinon le menthol migre vers les yeux au premier frottement. Sont exclus les paupières, les muqueuses, l'intérieur du nez, les plaies, l'eczéma en poussée et toute peau ayant déjà réagi à un produit mentholé.

Ce que disent les données sur la céphalée

L'usage le plus documenté est l'application d'une solution à 10 % de menthe poivrée dans l'éthanol sur le front et les tempes en cas de céphalée de tension. Un essai clinique contrôlé conduit en Allemagne dans les années 1990, sur une quarantaine de participants, rapporte une réduction de l'intensité douloureuse comparable à celle du paracétamol à quinze minutes. L'effectif est faible et les répliques rares : le niveau de preuve reste limité. Voir menthe et mal de tête et l'usage en aromathérapie.

Pour la migraine, les données sont plus minces encore et ne permettent pas de conclure. Aucun de ces produits ne remplace un traitement de fond prescrit.

Publics à éviter

L'enfant de moins de trente mois et l'enfant aux antécédents de convulsions sont exclus, comme pour tous les produits camphrés ou mentholés. Chez l'enfant plus grand, l'application au visage reste déconseillée. La grossesse et l'allaitement appellent la prudence, surtout sur de larges surfaces. L'asthme mal contrôlé constitue une raison supplémentaire d'éviter l'inhalation prolongée des vapeurs. Les règles de dilution générales sont réunies dans la fiche dilution.

Questions fréquentes

Combien d'applications par jour ?

Les notices se limitent le plus souvent à trois ou quatre passages quotidiens et à quelques jours d'affilée. Répéter davantage n'augmente pas l'effet : les récepteurs TRPM8 se désensibilisent, et la peau, elle, continue d'encaisser le solvant.

Un roll-on maison est-il équivalent ?

Techniquement oui : 1 ml d'huile essentielle dans 9 ml d'huile végétale donne une dilution à 10 %. La différence tient au contrôle : pas d'évaluation de sécurité, pas de test de stabilité, et un dosage à la goutte plutôt qu'à la balance.

Peut-on utiliser un patch pendant la nuit ?

Les notices l'autorisent souvent pour quatre à huit heures, mais l'adhésif macère et le menthol peut irriter une peau restée occlusive. En cas de rougeur persistante au retrait, l'usage nocturne est à abandonner.

Ces produits sont contre-indiqués chez l'enfant de moins de trente mois, chez l'enfant aux antécédents convulsifs et près des yeux. Ils sont déconseillés pendant la grossesse, l'allaitement, en cas d'asthme et sur peau lésée. Une céphalée nouvelle, brutale ou accompagnée de troubles neurologiques impose de consulter un médecin sans attendre.


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