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Santé · Céphalée de tension

Menthe et maux de tête

Un essai clinique contrôlé en aveugle, publié dans les années 1990, a testé une solution à 10 % d'huile essentielle de menthe poivrée dans l'éthanol appliquée sur le front et les tempes contre la céphalée de tension. C'est la donnée de référence, et elle reste isolée. Cette page en détaille le protocole, la dilution et les limites.

Céphalée de tension et migraine ne se confondent pas

La céphalée de tension se manifeste par une douleur bilatérale, en étau, d'intensité légère à modérée, sans nausée ni aggravation à l'effort. La migraine est le plus souvent unilatérale, pulsatile, accompagnée de nausées et d'une gêne à la lumière ou au bruit. Les données présentées ici concernent la première. Pour la seconde, voir menthe et migraine.

Le protocole étudié

Paramètres de l'essai contrôlé de référence sur la céphalée de tension
ParamètreValeur étudiée
PréparationHuile essentielle de menthe poivrée à 10 % dans l'éthanol
Zone d'applicationFront et tempes, à distance des yeux
MomentDès le début de la crise
RépétitionApplication renouvelée après 15 et 30 minutes
ComparateurPlacebo, et paracétamol 1000 mg dans un bras de l'essai
Résultat rapportéBaisse d'intensité supérieure au placebo
LimiteEffectif réduit, résultat non répliqué à grande échelle

Ce niveau de preuve est celui d'un essai clinique contrôlé isolé : suffisant pour prendre le résultat au sérieux, insuffisant pour en faire une recommandation. Aucune monographie n'accorde à cet usage le statut d'usage bien établi ; il est retenu au titre de l'usage traditionnel documenté pour les douleurs localisées.

La dilution en pratique

Une préparation à 10 % correspond à environ 10 gouttes d'huile essentielle pour 90 gouttes de support, soit à peu près 0,5 mL d'huile essentielle dans 4,5 mL de support. Hors du cadre de l'essai, l'usage courant se fait dans une huile végétale plutôt que dans l'éthanol, à une concentration de 3 à 10 % selon la sensibilité cutanée. Deux règles ne souffrent pas d'exception : jamais d'application pure, et jamais à moins de trois centimètres du contour des yeux, la vapeur de menthol suffisant à provoquer un larmoiement douloureux. Le calcul de dilution est détaillé sur la page dilution, et les formats prêts à l'emploi sur les roll-on.

Le mécanisme supposé

Le menthol active un récepteur sensible au froid situé sur les terminaisons nerveuses cutanées, ce qui produit une sensation de fraîcheur sans baisse de température : cette pharmacologie est établie par des données in vitro. L'hypothèse avancée pour la céphalée est une modulation de la perception douloureuse par cette stimulation concurrente, associée à un effet de relâchement musculaire local. Le mécanisme reste une hypothèse, pas un fait démontré chez l'humain. Voir la fiche menthol.

Ce que l'infusion ne fait pas

Aucune donnée ne soutient un effet de l'infusion de menthe sur le mal de tête. Les quantités de menthol atteintes par voie orale à partir d'une tasse sont sans commune mesure avec l'application locale concentrée, et aucun essai n'a testé cette voie sur la céphalée. Boire une tisane peut accompagner le repos, ce qui n'est pas la même chose qu'un effet antalgique. L'usage local par voie cutanée est décrit sur huile essentielle et mal de tête.

Précautions et signes d'alerte

  1. Test préalable dans le pli du coude, 24 heures avant une première application sur le visage.
  2. Aucune application chez l'enfant de moins de 30 mois ni chez l'enfant ayant des antécédents de convulsions.
  3. Se laver les mains après application, le transfert vers l'œil étant l'incident le plus fréquent.
  4. Consulter sans délai devant un mal de tête brutal et inhabituel, accompagné de fièvre, de raideur de nuque, de troubles de la vision, de la parole ou de la force.
  5. Consulter également si les crises se répètent plus de deux fois par semaine ou si le recours aux antalgiques augmente.

Les incidents liés à l'huile essentielle et leur prise en charge figurent sur les dangers de la menthe poivrée.

Questions fréquentes

Peut-on l'utiliser en même temps qu'un antalgique ?

Aucune interaction n'est décrite entre l'application cutanée locale et le paracétamol ou un anti-inflammatoire. Un usage répété d'antalgiques, en revanche, peut entretenir les céphalées et justifie un avis médical.

Le roll-on du commerce est-il équivalent ?

Il dépend de sa concentration, rarement affichée en pourcentage d'huile essentielle. Un produit dosé nettement en dessous de 10 % ne reproduit pas les conditions de l'essai contrôlé.

Combien de fois par jour peut-on renouveler ?

Le protocole étudié comportait trois applications espacées de quinze minutes sur une même crise. Rien n'est documenté au-delà, et une répétition quotidienne prolongée expose à une irritation cutanée.

L'huile essentielle de menthe poivrée est contre-indiquée chez le nourrisson et l'enfant de moins de 30 mois, chez l'enfant ayant des antécédents de convulsions, et déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement. Un mal de tête inhabituel, brutal, fébrile ou associé à un déficit neurologique relève de l'urgence médicale. Pour un usage régulier, demander l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien.


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