Culture · Pleine terre
La menthe en pleine terre
En pleine terre, la menthe atteint son plein potentiel : 60 à 90 cm de haut, trois à cinq coupes par saison, une longévité de plusieurs décennies. Elle y révèle aussi son défaut, une expansion de 50 cm à 1 m par an par stolons souterrains, qui se décide avant la plantation et non après.
Choisir l'emplacement
La menthe est une plante de bord d'eau : dans la nature, on la trouve en fossé, en berge de ruisseau, en lisière humide. Reproduisez ces conditions et elle demande peu. Le bon emplacement réunit une terre qui reste fraîche en juillet, une lumière abondante mais pas brûlante, et une absence de concurrence racinaire d'arbres établis. Un pied planté à moins de 2 m d'un noyer, d'un bouleau ou d'une haie de thuyas souffre du dessèchement bien plus que de l'ombre.
Le nord et l'est d'un bâtiment conviennent en climat chaud, où quatre à cinq heures de soleil matinal suffisent. Au nord de la Loire, le plein soleil donne des feuilles plus riches en huile essentielle, donc plus aromatiques, au prix d'un arrosage plus soutenu. Le compromis est développé dans exposition et lumière.
Le sol recherché
| Paramètre | Valeur recherchée | Correction si écart |
|---|---|---|
| pH | 6,0 à 7,5 | Sous 5,5 : 100 à 150 g de chaux magnésienne au m². Au-dessus de 8 : apport de compost acide et de terreau de feuilles |
| Texture | Limono-sableuse à limono-argileuse | Sable pur : 10 litres de compost au m². Argile compacte : ameublir sur 30 cm et surélever de 10 cm |
| Matière organique | 3 à 5 % environ | Apport annuel de 3 à 5 litres de compost mûr au m² à l'automne |
| Profondeur utile | 25 à 30 cm | Décompacter à la grelinette sans retourner les horizons |
| Humidité | Fraîche en permanence, jamais détrempée | Paillage de 5 à 7 cm ; drain ou butte si l'eau stagne plus de 24 heures |
Le paramètre décisif reste l'humidité constante, avant la richesse. Une menthe en sol pauvre mais frais dépasse largement une menthe en sol riche mais sec. Voir sol et substrat pour le détail des amendements.
Décider de la stratégie d'expansion
Trois postures cohérentes existent, et il faut en choisir une avant de creuser.
- La menthe libre. Réservez-lui une zone dont elle peut prendre possession : un angle de 2 m², un pied de mur, une bordure entre allée et clôture. Elle y forme un tapis dense qui étouffe les adventices, avec un désherbage annuel des bordures.
- La menthe cernée. Posez une barrière anti-rhizome de 40 cm de profondeur dépassant de 5 cm au-dessus du sol, ou enterrez un pot sans fond de 30 litres. Les stolons aériens franchissent la barrière si elle affleure : la marge hors sol est la partie que l'on oublie le plus souvent.
- La menthe entretenue. Aucune barrière, mais un passage de bêche vertical sur le pourtour deux fois par an, en mars et septembre, avec retrait des rhizomes sortis du cadre. La méthode fonctionne à condition de ne pas sauter une année.
Le détail des dispositifs figure dans empêcher la menthe d'envahir et le fonctionnement des organes traçants dans la fiche stolons. Sur le caractère envahissant selon les espèces, voir les menthes invasives.
Installer et entretenir
Plantez de mars à mai ou en septembre, à 40 cm d'écart, collet affleurant, avec 1 litre de compost par trou et 2 litres d'eau immédiatement. La séquence complète figure sur planter la menthe. Paillez ensuite sur 5 à 7 cm : le paillis divise l'évaporation par deux environ, maintient la fraîcheur superficielle où se tiennent les rhizomes, et limite la levée des adventices pendant la première année, avant que la menthe ne couvre le sol elle-même. Voir le paillage.
L'entretien annuel se réduit à peu de choses : un apport de 3 à 5 litres de compost au m² en novembre, une coupe à ras en février des tiges sèches, un rabattage à 10 cm après chaque récolte importante, et une division de la touffe tous les trois ans pour éviter que le centre ne se dégarnisse. En été, l'irrigation vise 15 à 20 litres par m² et par semaine en l'absence de pluie, en un ou deux passages plutôt qu'en arrosages quotidiens superficiels.
Erreurs fréquentes
| Symptôme | Cause probable | Correction |
|---|---|---|
| Tiges de 25 cm, feuilles petites, arrêt en juillet | Sol qui sèche, absence de paillis | Pailler sur 7 cm, arroser 15 l par m² par semaine |
| Centre de la touffe dégarni après trois ans | Vieillissement normal des rhizomes | Diviser en mars et replanter la couronne |
| Feuilles pâles, croissance molle, goût fade | Excès d'azote, fumier frais | Ne plus fertiliser un an, apporter du compost mûr seulement |
| Pustules orange au revers des feuilles | Rouille, favorisée par la densité et l'humidité stagnante | Éclaircir, couper à ras, ne pas arroser le feuillage |
| Menthe apparue à 3 m du massif d'origine | Stolons non contenus, ou fragments déplacés au binage | Arracher jeune, poser une barrière de 40 cm |
La menthe résiste aux herbicides sélectifs courants et repart d'un fragment de rhizome de 3 cm. La seule méthode fiable pour supprimer une station installée consiste à arracher méthodiquement à la fourche-bêche sur 25 cm de profondeur, puis à repasser tous les mois pendant une saison sur les repousses.
Questions fréquentes
Combien de pieds pour un usage familial ?
Trois pieds sur environ 1 m² couvrent la consommation de feuilles fraîches d'un foyer et laissent de quoi sécher 150 à 250 g de feuilles par an. Au-delà, la récolte part en congélation ou en sirop.
La menthe épuise-t-elle le sol pour les cultures suivantes ?
Elle prélève surtout de l'azote et laisse un sol structuré mais appauvri en surface. Après arrachage, comptez un apport de 5 litres de compost au m² et une culture peu exigeante la première année. Le vrai problème n'est pas la fertilité mais les rhizomes résiduels.
Peut-on la planter au pied d'une haie ?
Techniquement oui, mais la concurrence pour l'eau est rude : une haie de charmes ou de thuyas assèche le sol sur 1,5 à 2 m. Si l'emplacement est imposé, prévoyez un arrosage double et un paillis de 7 cm.
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