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Méthode · Détermination

Identifier une menthe

Identifier une menthe se fait en cinq observations, dans un ordre précis : la tige, les feuilles, la position des fleurs, la pilosité, puis l'odeur au froissement. Les quatre premières donnent le groupe, la cinquième donne l'usage.

Étape 1 : est-ce bien une menthe

Trois caractères doivent être réunis simultanément. La tige est de section carrée, ce qui se sent en la roulant entre le pouce et l'index. Les feuilles sont opposées deux par deux, chaque paire tournée d'un quart de tour par rapport à la précédente. Le froissement d'une feuille libère une odeur aromatique nette.

Si l'un des trois manque, la plante n'est pas une menthe. Une tige ronde écarte le genre, comme chez la menthe-coq, qui est une Astéracée. Une tige carrée sans odeur mentholée peut appartenir à une autre Lamiacée : mélisse, népéta, lamier, monarde. Voir mélisse ou menthe et les faux amis de la menthe.

Étape 2 : où sont les fleurs

C'est le caractère le plus discriminant du genre, et il ne s'observe qu'en fleur, de juillet à septembre. Trois dispositions existent.

  1. Épi terminal allongé : les fleurs forment une pointe au sommet de la tige, et les feuilles s'arrêtent en dessous. Groupe de la menthe verte, de la menthe à feuilles rondes, de la menthe à longues feuilles et de la menthe poivrée.
  2. Verticilles axillaires : les fleurs forment des couronnes serrées à l'aisselle des feuilles, tout le long de la tige, qui reste feuillée jusqu'au sommet. Groupe de la menthe des champs, du pouliot et de la menthe cervine.
  3. Capitule globuleux terminal : les fleurs forment une boule dense au bout de la tige, parfois surmontée d'un ou deux verticilles. Caractère de la menthe aquatique.

Étape 3 : la feuille et sa pilosité

Deux mesures suffisent. Le pétiole d'abord : la feuille est-elle portée par une queue nette, ou attachée directement sur la tige ? Une feuille sessile oriente vers Mentha spicata, Mentha suaveolens ou Mentha longifolia ; une feuille clairement pétiolée vers Mentha aquatica, Mentha arvensis ou Mentha × piperita.

La pilosité ensuite, à vérifier au revers du limbe : glabre et vert vif, ou feutré et grisâtre. Un revers blanchâtre au toucher signale une espèce velue, ce qui écarte la menthe verte et la menthe poivrée. Le rapport longueur sur largeur du limbe complète : au-delà de trois, la feuille est étroite ; en dessous de un et demi, elle est arrondie.

La clé simplifiée

Clé des menthes les plus fréquentes en France
FleursFeuilleOdeur froisséeEspèce probable
Capitule globuleux terminalPétiolée, souvent teintée de pourpreHerbacée, un peu sucrée, moisi fraisMentha aquatica
Épi terminal effiléSessile, glabre, vert vif, lancéoléeSucrée, chewing-gum vert, carvoneMentha spicata
Épi terminal court et largeSessile, ronde, gaufrée, feutréeMusquée, un peu pommadéeMentha suaveolens
Épi terminal étroit et longSessile, étroite, feutrée de grisÂcre, camphréeMentha longifolia
Épi terminal densePétiolée, glabre, vert sombre, tige pourpreMenthol, effet de froid immédiatMentha × piperita
Verticilles axillaires, tige feuillée au sommetPétiolée, ovale, peu poilueMenthone, légèrement ranceMentha arvensis
Verticilles axillaires, petites fleursPetite, 1 à 2 cm, ovale, port couchéPulégone, âcre et pénétranteMentha pulegium

Étape 5 : l'odeur, qui décide de l'usage

Trois profils couvrent l'essentiel des menthes rencontrées. Le menthol donne un froid immédiat en bouche et sur les lèvres : c'est le marqueur de la menthe poivrée et de ses dérivés. La carvone donne une douceur sucrée, sans froid, proche du chewing-gum vert : c'est la menthe verte et la plupart des menthes de cuisine. La pulégone donne une odeur âcre et pénétrante, presque médicinale : c'est le pouliot, dont l'usage alimentaire est encadré.

Cette lecture olfactive est plus fiable que le nom porté par une étiquette, et elle suffit à décider d'un emploi en cuisine. Voir quelle menthe pour quel plat.

Les limites de l'exercice

Une identification à l'espèce échoue souvent, et pour une raison structurelle : le genre hybride en permanence, et les stations humides abritent des populations intermédiaires dont les caractères varient de façon continue. Sur un talus de fossé, il n'est pas rare de trouver deux espèces et leur hybride sur dix mètres. Le mécanisme est expliqué dans les hybrides de menthe et le cadre taxinomique dans la classification du genre.

La bonne pratique consiste à s'arrêter au groupe quand les caractères se contredisent, et à ne récolter que ce dont l'odeur est franche et agréable. Pour la cueillette hors du jardin, voir la cueillette sauvage.

Questions fréquentes

Peut-on identifier une menthe sans fleurs ?

Partiellement. Le pétiole, la pilosité, la forme du limbe et l'odeur donnent le groupe, mais la disposition des fleurs reste le caractère décisif. Hors floraison, mieux vaut noter la station et revenir en juillet ou en août.

Une menthe qui ne sent pas la menthe est-elle une menthe ?

Oui, c'est possible. Certaines populations de Mentha suaveolens ou de Mentha longifolia sentent surtout le camphre ou le moisi. L'odeur oriente l'usage, pas l'appartenance au genre.

Toutes les menthes sauvages sont-elles comestibles ?

La plupart le sont, à l'exception notable du pouliot, riche en pulégone, dont la consommation est encadrée. En cas de doute sur l'identification, s'abstenir. Voir les menthes comestibles.


À lire ensuite : la menthe aquatique · la menthe des champs · la menthe à feuilles rondes · mélisse ou menthe · toutes les espèces de menthe