Terroir · Carte mondiale
La carte mondiale des productions
Trois familles de bassins se partagent la carte : les plaines chaudes et irriguées qui produisent du menthol, les vallées tempérées de haute latitude qui produisent des huiles aromatiques, et les périmètres maraîchers méditerranéens qui produisent de la feuille. Chacune cultive une espèce différente pour un débouché différent.
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Chaque point marque un bassin réel de production, avec le lien vers la fiche du pays ou de la région. Le zoom initial couvre l'hémisphère nord, où se concentre la quasi-totalité de la menthe cultivée : la plante demande des jours longs en été et un hiver marqué, deux conditions que l'hémisphère sud n'offre qu'en marge.
Les plaines à menthol
La plaine du Gange, en Uttar Pradesh, est de très loin le premier ensemble mondial : des centaines de milliers d'hectares de Mentha arvensis, cultivée comme culture de rente courte entre deux céréales, entre février et juin. Le sol est un limon alluvial profond, l'irrigation vient de puits tubés, et l'altitude ne dépasse pas 150 mètres. L'objectif n'est pas l'arôme mais le titre : une huile brute à 70 ou 80 % de menthol, directement cristallisable. Le rendement se situe autour de 100 à 150 kg d'huile par hectare, deux à trois fois celui de la menthe poivrée. Détail dans la fiche Inde.
La Chine occupe le même créneau à plus petite échelle, dans le bas Yangzi et le Jiangxi, avec une part croissante orientée vers les dérivés du menthol plutôt que vers l'huile brute. Voir la fiche Chine.
Les vallées à huiles aromatiques
Le second ensemble se situe entre 42 et 51 degrés de latitude nord. Les États-Unis en constituent le pilier, avec 20 000 à 25 000 hectares mécanisés en Oregon, dans l'État de Washington, en Idaho, au Montana, au Wisconsin et en Indiana. Les sols volcaniques et alluviaux du bassin du Columbia, irrigués par pivot, combinés à des nuits fraîches et à des jours de plus de quinze heures en juin, donnent des huiles de menthe poivrée à menthofurane bas. Voir la fiche États-Unis.
L'Europe complète cet ensemble par des bassins bien plus petits : le Piémont italien à 230 mètres d'altitude, la Thuringe sur lœss, la Thrace bulgare adossée à la filière de la rose, et les vestiges du bassin anglais de Mitcham, dont le clone a essaimé sur toute la planète. Voir l'Italie, l'Allemagne, la Bulgarie et le Royaume-Uni.
Les périmètres à feuille
Le troisième ensemble ne distille pas. Il vend la feuille elle-même, fraîche ou séchée, et cultive presque exclusivement Mentha spicata. Le Maroc, autour de Meknès, de Kénitra et du Gharb, alimente à la fois une consommation intérieure considérable liée au thé et un flux d'exportation vers l'Europe et le Golfe. L'Égypte, dans le delta du Nil et le Fayoum, s'est spécialisée dans la feuille séchée pour les conditionneurs d'infusion. Les serres du sud-est espagnol assurent le relais hivernal du marché européen. Voir le Maroc, l'Égypte et l'Espagne.
Ce que la carte ne montre pas
| Type de bassin | Espèce | Latitude | Produit vendu |
|---|---|---|---|
| Plaine irriguée subtropicale | Mentha arvensis | 25 à 32 degrés | Menthol cristallisé, huile déterpénée |
| Vallée tempérée mécanisée | Mentha × piperita | 42 à 51 degrés | Huile essentielle aromatique |
| Périmètre maraîcher méditerranéen | Mentha spicata | 29 à 37 degrés | Feuille fraîche et feuille séchée |
| Micro-bassin européen de tisane | Mentha × piperita | 44 à 52 degrés | Feuille séchée de qualité pharmacopée |
Deux réalités échappent à toute cartographie. La première est la production domestique et vivrière, énorme en volume cumulé et invisible en statistique : la menthe est l'aromatique de jardin la plus répandue de l'hémisphère nord. La seconde est la synthèse chimique, qui fournit une part substantielle du menthol mondial sans occuper un seul hectare. Ces deux angles morts sont traités dans le commerce mondial de la menthe et dans la menthe dans l'industrie.
Questions fréquentes
Pourquoi presque rien dans l'hémisphère sud ?
Parce que la menthe à huile a besoin de jours longs en été et d'un repos hivernal. Les zones de l'hémisphère sud qui réunissent ces conditions sont limitées, et la demande y est plus facilement couverte par l'importation. Il existe des productions au Brésil, en Argentine et en Australie, mais à des volumes sans commune mesure.
Pourquoi les cartes de production varient-elles autant selon les sources ?
Parce que la menthe n'est pas suivie comme une grande culture. Les surfaces indiennes sont estimées à partir des volumes d'huile collectés, les surfaces européennes sont noyées dans la catégorie des plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Les ordres de grandeur sont fiables, les chiffres précis ne le sont pas.
Un même bassin peut-il changer d'espèce ?
Cela s'est produit. Le nord-ouest américain a déplacé une partie de ses surfaces de la menthe poivrée vers la menthe verte selon la demande des chewing-gums, et l'Inde a converti d'anciennes parcelles de menthe poivrée en menthe des champs quand le menthol est devenu plus rémunérateur. Voir climat et terroir.
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